En mini-résidence à l’ancien siège de France Telecom, des photographes du collectif « Il pleut encore » ont immortalisé, hier, des scènes du chantier de la Mabilais.

Les artistes du collectif (comme ici, Bruno Van Wassenhove) ont réalisé des clichés dans la soucoupe volante, située à 30,40 m du sol.
Il est 10h, à la Mabilais. Le chantier bat son plein. Les ouvriers s’activent pour réhabiliter l’ancien centre des télécommunications. En contrebas, six photographes s’apprêtent à briser le mystère de ce lieu bien souvent méconnu du grand public. « J’ai toujours rêvé d’y rentrer », confie Richard Volante, membre du collectif rennais « Il pleut encore ».
Les artistes souhaitent immortaliser le chantier en vue d’une exposition en octobre prochain. « En marge de la biennale d’art contemporain, qui se tiendra à partir de septembre au rez-de-chaussée de la Mabilais, on exposera à la galerie Pictura de Cesson-Sévigné. L’idée de montrer la mutation de ce bâtiment nous paraissait intéressante. »
Leur terrain de jeu est immense. Près de 15 000 m2 sur sept étages. Les salles sont gigantesques, brouillant complètement les repères. Dans ce bâtiment en forme de tripode, les artistes ont carte blanche, sans, bien sûr, occulter la sécurité. «La seule consigne est de faire attention où vous mettez les pieds», alerte M. Lesage, directeur de la SNPR, société en charge du ravalement. L’envie d’explorer cet édifice emblématique est entière chez les photographes. «Ce lieu fait fantasmer tous les Rennais. Il a toujours attisé ma curiosité », déclare l’un des artistes.
La chasse aux extraterrestres
Les six photographes abordent le lieu différemment. Sébastien Vitard, lui, part à la chasse aux extraterrestres. «Comme il y a la soucoupe, je me suis dit qu’il restait peut-être des hommes verts. » Les extraterrestres ne sont que des peluches colorées cachées dans son sac. « Je vais les positionner à des endroits en essayant de les intégrer sur mes photos. » D’autres, comme Laurent Dupuis, se passionnent pour l’architecture du lieu. «Je suis presque obsédé par les bâtiments. Ce qui m’intéresse, ce sont les matériaux et les lucarnes. » Ils sont tous intrigués par l’antenne hertzienne qui surplombe le bâtiment. À plus de trente mètres de haut, la vue est imprenable. Mais tout trésor a son lot de difficultés. Avant d’être perché à son extrémité, il faut braver les étages, certains plus facilement que d’autres. «Ça devient physique», lâche un photographe au moment de monter l’échelle murale qui permet de rejoindre la première plateforme de l’antenne. En haut, la peine s’efface. La vue qui surplombe Rennes et l’ensemble du chantier est magnifique. À cet instant, les photographes ont la gâchette facile. Quelques minutes plus tard, en redescendant, l’envie ne semble pas rassasiée. «Faudra revenir», glisse Alexis Janicot.
